On cherche un premier appartement, on tombe sur une annonce qui affiche « studio bis », et la question arrive tout de suite : c’est quoi exactement, et qu’est-ce que ça change par rapport à un studio classique ou un T1 ? La réponse tient à un détail d’agencement qui modifie concrètement la façon d’habiter le logement. Voici ce qu’il faut vérifier avant de signer.
Studio bis : ce que le « bis » change dans l’agencement
Un studio classique regroupe tout dans une seule pièce : le coin nuit, le salon, et souvent un coin cuisine ouvert. La salle d’eau est la seule pièce séparée.
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Le studio bis conserve ce principe d’une pièce principale, mais il intègre un espace supplémentaire semi-séparé : une alcôve, un renfoncement, une mezzanine habitable ou un coin nuit délimité par une cloison partielle. On ne parle pas d’une chambre fermée avec porte (ce serait un T1 bis ou un T2), mais d’un recoin suffisamment distinct pour y installer un lit sans qu’il soit au milieu du séjour.
En pratique, c’est ce recoin qui fait toute la différence au quotidien. Recevoir quelqu’un dans le salon sans montrer le lit défait, installer un bureau dans la pièce principale pendant que le coin nuit reste à l’écart : le studio bis offre une séparation fonctionnelle que le studio simple ne permet pas.
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Différence entre studio bis, T1 et T1 bis
La confusion est fréquente sur les annonces immobilières. Voici ce qui distingue concrètement ces typologies :
- Studio : une pièce principale unique avec coin cuisine intégré, plus une salle d’eau. Pas de séparation, même partielle.
- Studio bis : même principe qu’un studio, mais avec un espace supplémentaire semi-cloisonné (alcôve, mezzanine, renfoncement). La cuisine reste dans la pièce principale.
- T1 : une pièce principale et une cuisine séparée, dans un espace indépendant avec une porte. La cuisine n’est plus un simple coin.
- T1 bis : un T1 dont la pièce principale est assez grande pour créer deux espaces distincts, ou qui dispose d’une alcôve en plus de la cuisine séparée.
Le critère déterminant, c’est la cuisine. Si elle est séparée et fermée, on sort de la catégorie studio pour entrer dans la catégorie T1. Le « bis » ajoute un espace en plus dans les deux cas, mais sans créer une pièce complète supplémentaire.

Surface d’un studio bis : ce qu’on trouve réellement sur le marché
Les annonces ne mentionnent pas toujours la surface de l’alcôve ou du recoin séparément. On trouve généralement des studio bis dont la surface totale dépasse celle d’un studio standard, sans atteindre celle d’un T2.
Le piège fréquent : une surface annoncée qui inclut des espaces difficilement habitables. Une mezzanine sous combles avec moins de 1,80 m de hauteur sous plafond ne compte pas dans la surface habitable au sens de la loi Carrez. On peut y dormir, mais elle ne figure pas dans les mètres carrés officiels.
Avant de visiter, on vérifie deux choses sur l’annonce. D’abord, si la surface indiquée est en loi Carrez ou en surface au sol (la différence peut être significative avec une mezzanine). Ensuite, si le « bis » correspond à un vrai espace utilisable ou à un simple recoin sous pente.
Ce qu’on mesure pendant la visite
Prenez un mètre. Mesurez la hauteur sous plafond de l’espace « bis » : en dessous de 1,80 m, ce n’est pas de la surface habitable légale. Vérifiez aussi que le recoin dispose d’un éclairage naturel, même partiel. Un espace aveugle et bas de plafond n’a de « bis » que le nom.
Studio bis en location : impact sur le loyer et le DPE
Le loyer d’un studio bis se situe logiquement entre celui d’un studio et celui d’un T1. L’espace supplémentaire justifie un prix légèrement supérieur, mais pas un écart aussi marqué qu’avec un vrai deux-pièces.
En zone tendue (Paris, Lyon, Bordeaux, Montpellier), l’encadrement des loyers s’applique selon la surface habitable légale et le nombre de pièces. Un studio bis reste classé comme un studio dans la plupart des observatoires de loyers. Le loyer de référence est celui d’un studio, pas d’un T1.
Côté DPE, la configuration du studio bis peut jouer dans les deux sens. Un espace compact avec peu de surface vitrée se chauffe facilement. Mais une mezzanine ouverte sur un grand volume crée une déperdition thermique verticale : l’air chaud monte et stagne en hauteur. Les retours varient sur ce point selon l’isolation du logement et la hauteur sous plafond.
Charges et consommation à surveiller
Le volume total chauffé est le critère à regarder, pas seulement la surface au sol. Un studio bis avec mezzanine ouverte représente un volume d’air plus grand qu’un studio classique de même surface. La facture de chauffage s’en ressent, surtout avec un convecteur électrique ancien.

Bien choisir son studio bis : les points à vérifier avant de signer
L’annonce dit « studio bis », mais la réalité varie énormément d’un logement à l’autre. Voici les vérifications concrètes qui font la différence :
- La nature de l’espace « bis » : alcôve au sol, mezzanine, renfoncement ? Chacun impose des contraintes différentes d’aménagement et de mobilier.
- La hauteur sous plafond de l’espace supplémentaire : si elle est inférieure à 1,80 m, la surface n’est pas comptée en Carrez, et on ne peut pas y vivre debout.
- L’éclairage naturel : un coin nuit sans fenêtre est tolérable, mais un bureau en alcôve aveugle devient vite pénible au quotidien.
- La ventilation : un espace semi-fermé sans VMC ni fenêtre accumule l’humidité, surtout en rez-de-chaussée ou en sous-pente.
- Le plan du logement : demandez le plan coté avant la visite pour vérifier que l’agencement correspond à votre usage prévu (coin nuit, bureau, rangement).
Le studio bis convient particulièrement à une personne seule qui travaille depuis son logement ou qui veut séparer l’espace nuit du séjour sans le budget d’un T2. Pour un couple, la question se pose : l’absence de porte entre les espaces peut devenir une limite rapide.
Le bon réflexe, c’est de raisonner en termes d’usage quotidien plutôt qu’en nombre de pièces affiché sur l’annonce. Un studio bis bien conçu, avec une alcôve lumineuse et une cuisine fonctionnelle, offre un confort supérieur à un T1 mal agencé de même surface. C’est l’agencement qui fait la qualité de vie, pas la lettre sur l’annonce.

